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Ava, pétrifiée devant le cratère, ne sentit pas le dragon qui la repoussait doucement loin du massacre. Elle ne vit pas les autres Elfes qui descendaient pleurer leur compagnon, un Nain planter sa hache dans un arbre de fureur et grommeler dans sa barbe. Elle ne vit pas non plus une foule de badauds s’approcher de la scène. Dès qu’elle fermait les yeux, le corps apparaissait derrière ses paupières closes. Sans trop savoir comment, elle se retrouva devant une haute bâtisse, et d’étranges caractères étaient peints sur les murs. Gherb la confia à une vieille Elfe au visage ridé mais aux yeux vifs, et la jeune fille suivit sans discuter. L’intérieur de la bâtisse ressemblait à un gigantesque labyrinthe à plusieurs niveaux. La plupart des portes devant lesquelles elles passaient étaient fermées, mais les rares ouvertes donnaient sur des chambres totalement blanches. Un hôpital, pensa Ava. Ses pensées s’éclairaient au fur et à mesure qu’elle marchait et s’éloignait du drame, et la vieille Elfe marchait suffisamment lentement pour qu’elle ait le temps d’observer les lieux. Le couloir, très large, certainement pour permettre aux dragons de passer, était brillement éclairé car le plafond était en verre, laissant filtrer la lumière extérieure. Personne d’autre n’y circulait et un silence apaisant s’était installé, troublé seulement par l’écho qui amplifiait le son de leur pas.
Ava, curieuse, trop peut-être, décida de questionner l’Elfe :
- Quel est votre nom ?
L’Elfe eut un petit rire, un rire frais et très jeune à comparé de son apparence de vieille femme, et déclara :
- Je me nomme Nyri’lan, Damoiselle. Et nous sommes arrivées.
Elles s’étaient arrêtées devant une porte blanche semblable aux autres, qu’Ava ouvrit d’une main tremblante. Une chambre aux dimensions modestes apparut. Les murs couleur abricot réverbéraient la lumière, et la jeune humaine se sentit plus détendue. Nyri’lan l’a fit asseoir sur le lit aux draps blancs et quitta la pièce. Ava aurait voulu la questionner, puis se ravisa. Autant mettre d’abord de l’ordre dans ses idées. Elle se leva et s’approcha d’une grande fenêtre ouverte. On avait une vue directe sur la plaine d’herbe rose. Le soleil, d’un beau bleu, était à son apogée dans le ciel mauve. Elle vit le dragon vert, Gherb, discutant avec 2 de ses semblables, chacun avec des écailles rouges et un étrange … uniforme noir. Le dragon vert devait sûrement leur expliquer ce qui s’était passé. D’ailleurs, la jeune fille aurait fichtrement voulu aussi savoir ce qui s’était passé. Comprendre pourquoi un Elfe avait été abattu d’une façon aussi violente. Savoir qui avait organisé tout ça. Ava secoua la tête. Une grande fureur l’envahissait, mais elle devait se calmer, garder le contrôle de ses émotions, pour continuer à y voir clair. Sa rage n’aiderait personne. Les badauds avaient été « évacués », ce qui laissait les trois dragons seuls. Seuls avec un cadavre, bien sûr. Une autre question flottait dans sa tête. Juste après l’explosion, pour dissiper la fumée, Ava aurait souhaité du vent ; étrangement, une bourrasque avait soufflé à ce moment précis. Peut-être était-ce une pure coïncidence. Peut-être pas. Ce monde, qui pourtant était le sien, lui semblait de plus en plus étranger au fur et à mesure que les heures s’écoulaient. Un mouvement au dehors la tira de ses pensées. Un splendide Elfe (bon O.K., tous les Elfes sont splendides … Mais celui là encore plus !) … Un splendide Elfe, disais-je, s’avançait gracieusement sur la plaine, ses merveilleux cheveux d’argent contrastant avec le gazon rose. Il rejoignit Gherb et ses deux congénères. Flûte, pensa Ava. Je vois parfaitement ce qui se passe, mais je n’arrive pas à entendre ce qu’ils se disent.
- … ne savons pas encore ce qui s’est passé.
La jeune humaine sursauta, et se retourna brusquement. Personne dans la pièce.
Allons bon, j’entends des voix, maintenant, râla-t-elle en se retournant vers la fenêtre.
- Cette attaque est magique, sans aucun doute, affirma la voix. L’explosion, la fumée destinée à détourner l’attention, … Mais ce qui me chiffonne, c’est que Maître Gherb n’ait pas sentit la magie avant.
- Je ne comprends pas, maugréa, ennuyée, la voix du dragon vert.
Les voix venaient d’en bas ! réalisa Ava. Mais comment est-ce que je parviens à les entendre d’ici, et qu’en plus je n’y parvenais pas il y a quelques minutes ?
Ava s’assit sur le lit, réfléchissant à toute vitesse. La première voix que j’ai entendue devait appartenir à un des deux dragons en uniforme. Je suis sûre que la seconde est celle de Gherb. Le reptile rouge avait parlé d’une « attaque magique ». Magique ? Et puis le dragon vert qui aurait du la sentir venir ... Elle allait avoir une sérieuse conversation avec lui, crocs près à la déchiqueter ou pas !
En se levant du lit, elle se sentit dans une forme éblouissante. Elle avisa la porte, et se rendit compte que celle-ci était verrouillée de l’extérieur. Essayant, en vain, de la forcer, elle entendit du bruit derrière elle. Vive comme l’éclair, elle se retourna et aperçut un homme à forte stature assis sur la seule chaise de la pièce, enveloppé dans un long manteau noir avec une capuche qui cachait son visage. Par cette chaleur ? ne put s’empêcher de remarquer Ava. Celle-ci attendit que l’homme, qui était peut-être une femme après tout, car elle ne distinguait pas son visage, parle. Les méchants parlent toujours à leur victime avant de la tuer, c’est bien connu. Donc, l’homme, ou la femme, parla :
- Eh bien, ma chère, j’ai entendu dire que tu avais des soucis de mémoire ?
Il, car c’était bien une voix masculine, bien que très douce, émit le petit ricanement typique du psychopathe. Ava retint un frisson, détestant montrer sa peur. Et en ce moment, elle avait une trouille de tous les diables. Mais sa maudite curiosité et un soupçon d’insolence l’emportèrent sur la prudence :
- Je peux savoir à qui j’ai affaire ? A cause de mes … soucis de mémoire, justement.
Si l’homme fut surpris, il ne le montra pas. Il se leva et s’approcha de la jeune fille, tendit la main … un puissant rugissement arrêta son geste. Simultanément, le mur donnant sur l’extérieur explosa et Gherb surgit dans la pièce. L’énorme dragon crachait quelques flammèches et fixait l’homme au manteau de ses yeux dorés brillant d’un éclat rouge avec un air furieux. Et un dragon furieux était vraiment terrifiant. L’homme, quant à lui, laissa retomber sa main et se tourna vers le reptile. Il avait l’air calme, mais Ava, ne voyant pas son visage, ne pouvait en être certaine. Ce face à face dura quelques secondes, puis l’homme disparu tout bonnement. Envolé.
Le dragon expira lentement pour éviter de carboniser la jeune humaine, la tête tournée vers le mur détruit. Ava, elle, se dit que pour la deuxième fois en quelles heures, elle avait échappé à la mort. D’abord l’explosion, et maintenant un homme dont l’identité lui était absolument inconnue. Gherb ne la laissa pas ruminer davantage ses pensées. Il la poussa d’une griffe vers le trou béant dans le mur, la fit monter sur son dos, et plongea. Il plana en descendant sur quelques mètres et atterrit dans la plaine rose. Les deux autres reptiles et l’Elfe n’étaient plus là. Ava descendit du dos de Gherb et fit quelques pas. Soudain, elle fit volte face, le fixant dans les yeux et explosa (façon de parler hein !) :
- Est-ce que quelqu’un va m’expliquer ce qui se passe, à la fin ? Je nage dans le brouillard complet. Et puis comment avez-vous su que cet homme était avec moi ? Et pourquoi est-ce que quand je pense à un truc, il se réalise ?
Le dragon, apparemment surpris qu’une petite chose d’à peine un mètre de haut se mette à lui crier dessus, ne répondit pas immédiatement. Il secoua la tête, et pour la deuxième fois de la journée dans cette même plaine d’herbe rose, se lança dans des explications :
- Je ne peux malheureusement pas t’expliquer ce qui arrive, car je n’y comprends pas grand-chose non plus. Tout ce que je sais, c’est que l’explosion n’était pas un accident. C’est toi qui étais visée.
Un coup de massue n’aurait pas assommée mieux la jeune fille. Ses jambes flanchèrent, et elle se retrouva à genoux sur le beau gazon. Qu’avait-elle pu faire pour qu’on lui en veuille au point de vouloir la tuer deux fois en quelques heures ? Elle releva les yeux vers le reptile, dont les écailles vertes luisaient sous le soleil.
- Si j’étais visée, pourquoi est-ce qu’il ne m’a pas eu ?
Celui-ci, soulagé qu’elle ait arrêté de lui hurler dessus, répondit :
- Cette plaine est un gigantesque réservoir de magie, elle a contrarié et dévié le sort de celui qui voulait te tuer, te sauvant la vie. Puis j’ai su que cet homme était avec toi car les dragons sentent la magie, à défaut de savoir la pratiquer. Il s’est matérialisé près de toi magiquement, je l’ai donc sentit et je suis venu te secourir.
Ava trouvait que son discours était celui du parfait super héros, d’autant plus qu’il n’avait pas fait grand-chose, à part détruire un mur et regarder l’homme en noir quelques secondes. Elle écouta néanmoins la suite :
- Enfin, obtenir ce que tu désires par la pensée est quelque chose d’extrêmement rare. Je pense que …
Gherb inspira, comme s’il se demandait ce qu’il devait révéler à la jeune humaine, puis se décida à continuer en captant son regard sévère :
- Je pense que tu es une enchanteresse.
Il l’observa attentivement, comme s’il s’attendait à la voir défaillir ou autre chose dans le genre. Une minute plus tard, elle était toujours là, le teint frais, quoiqu’un peu nerveuse en raison des derniers évènements. Il comprit soudain :
- Ah oui, c’est vrai que tu ne te rappelle de rien … Les enchanteurs et enchanteresses sont très peu nombreux. On en compte moins d’une demi-douzaine aujourd’hui, tous peuples confondus, mais en général ce sont des Elfes ou des Humains. Ils n’ont pas toujours été en voie d’extinction. Lors de la Grande bataille, des milliers d’êtres doués de magie se sont entretués. Mais peu à peu, cette capacité disparait. Ton don est très précieux, et tu dois l’utiliser avec sagesse. Malheureusement, je ne peux rien t’enseigner, car je n’aie pas les connaissances nécessaires pour t’aider à maîtriser ta magie. Mais cela ne te serait sans doute pas très utile, car tu sembles fabuleusement puissante, et tu utilises ton don instinctivement, lorsque tu te sens menacée par exemple.
Sur ce, il déplia ses immenses ailes et s’envola sans un mot de plus.
Suite dans le Chapitre 3 : Le pays des Elfes.
Bon okeey, le gars en noir ressemble étrangement à Magister ... Mais au moins, celui là, je sais qui c'est avant la fin de la série !!
Ava, pétrifiée devant le cratère, ne sentit pas le dragon qui la repoussait doucement loin du massacre. Elle ne vit pas les autres Elfes qui descendaient pleurer leur compagnon, un Nain planter sa hache dans un arbre de fureur et grommeler dans sa barbe. Elle ne vit pas non plus une foule de badauds s’approcher de la scène. Dès qu’elle fermait les yeux, le corps apparaissait derrière ses paupières closes. Sans trop savoir comment, elle se retrouva devant une haute bâtisse, et d’étranges caractères étaient peints sur les murs. Gherb la confia à une vieille Elfe au visage ridé mais aux yeux vifs, et la jeune fille suivit sans discuter. L’intérieur de la bâtisse ressemblait à un gigantesque labyrinthe à plusieurs niveaux. La plupart des portes devant lesquelles elles passaient étaient fermées, mais les rares ouvertes donnaient sur des chambres totalement blanches. Un hôpital, pensa Ava. Ses pensées s’éclairaient au fur et à mesure qu’elle marchait et s’éloignait du drame, et la vieille Elfe marchait suffisamment lentement pour qu’elle ait le temps d’observer les lieux. Le couloir, très large, certainement pour permettre aux dragons de passer, était brillement éclairé car le plafond était en verre, laissant filtrer la lumière extérieure. Personne d’autre n’y circulait et un silence apaisant s’était installé, troublé seulement par l’écho qui amplifiait le son de leur pas.
Ava, curieuse, trop peut-être, décida de questionner l’Elfe :
- Quel est votre nom ?
L’Elfe eut un petit rire, un rire frais et très jeune à comparé de son apparence de vieille femme, et déclara :
- Je me nomme Nyri’lan, Damoiselle. Et nous sommes arrivées.
Elles s’étaient arrêtées devant une porte blanche semblable aux autres, qu’Ava ouvrit d’une main tremblante. Une chambre aux dimensions modestes apparut. Les murs couleur abricot réverbéraient la lumière, et la jeune humaine se sentit plus détendue. Nyri’lan l’a fit asseoir sur le lit aux draps blancs et quitta la pièce. Ava aurait voulu la questionner, puis se ravisa. Autant mettre d’abord de l’ordre dans ses idées. Elle se leva et s’approcha d’une grande fenêtre ouverte. On avait une vue directe sur la plaine d’herbe rose. Le soleil, d’un beau bleu, était à son apogée dans le ciel mauve. Elle vit le dragon vert, Gherb, discutant avec 2 de ses semblables, chacun avec des écailles rouges et un étrange … uniforme noir. Le dragon vert devait sûrement leur expliquer ce qui s’était passé. D’ailleurs, la jeune fille aurait fichtrement voulu aussi savoir ce qui s’était passé. Comprendre pourquoi un Elfe avait été abattu d’une façon aussi violente. Savoir qui avait organisé tout ça. Ava secoua la tête. Une grande fureur l’envahissait, mais elle devait se calmer, garder le contrôle de ses émotions, pour continuer à y voir clair. Sa rage n’aiderait personne. Les badauds avaient été « évacués », ce qui laissait les trois dragons seuls. Seuls avec un cadavre, bien sûr. Une autre question flottait dans sa tête. Juste après l’explosion, pour dissiper la fumée, Ava aurait souhaité du vent ; étrangement, une bourrasque avait soufflé à ce moment précis. Peut-être était-ce une pure coïncidence. Peut-être pas. Ce monde, qui pourtant était le sien, lui semblait de plus en plus étranger au fur et à mesure que les heures s’écoulaient. Un mouvement au dehors la tira de ses pensées. Un splendide Elfe (bon O.K., tous les Elfes sont splendides … Mais celui là encore plus !) … Un splendide Elfe, disais-je, s’avançait gracieusement sur la plaine, ses merveilleux cheveux d’argent contrastant avec le gazon rose. Il rejoignit Gherb et ses deux congénères. Flûte, pensa Ava. Je vois parfaitement ce qui se passe, mais je n’arrive pas à entendre ce qu’ils se disent.
- … ne savons pas encore ce qui s’est passé.
La jeune humaine sursauta, et se retourna brusquement. Personne dans la pièce.
Allons bon, j’entends des voix, maintenant, râla-t-elle en se retournant vers la fenêtre.
- Cette attaque est magique, sans aucun doute, affirma la voix. L’explosion, la fumée destinée à détourner l’attention, … Mais ce qui me chiffonne, c’est que Maître Gherb n’ait pas sentit la magie avant.
- Je ne comprends pas, maugréa, ennuyée, la voix du dragon vert.
Les voix venaient d’en bas ! réalisa Ava. Mais comment est-ce que je parviens à les entendre d’ici, et qu’en plus je n’y parvenais pas il y a quelques minutes ?
Ava s’assit sur le lit, réfléchissant à toute vitesse. La première voix que j’ai entendue devait appartenir à un des deux dragons en uniforme. Je suis sûre que la seconde est celle de Gherb. Le reptile rouge avait parlé d’une « attaque magique ». Magique ? Et puis le dragon vert qui aurait du la sentir venir ... Elle allait avoir une sérieuse conversation avec lui, crocs près à la déchiqueter ou pas !
En se levant du lit, elle se sentit dans une forme éblouissante. Elle avisa la porte, et se rendit compte que celle-ci était verrouillée de l’extérieur. Essayant, en vain, de la forcer, elle entendit du bruit derrière elle. Vive comme l’éclair, elle se retourna et aperçut un homme à forte stature assis sur la seule chaise de la pièce, enveloppé dans un long manteau noir avec une capuche qui cachait son visage. Par cette chaleur ? ne put s’empêcher de remarquer Ava. Celle-ci attendit que l’homme, qui était peut-être une femme après tout, car elle ne distinguait pas son visage, parle. Les méchants parlent toujours à leur victime avant de la tuer, c’est bien connu. Donc, l’homme, ou la femme, parla :
- Eh bien, ma chère, j’ai entendu dire que tu avais des soucis de mémoire ?
Il, car c’était bien une voix masculine, bien que très douce, émit le petit ricanement typique du psychopathe. Ava retint un frisson, détestant montrer sa peur. Et en ce moment, elle avait une trouille de tous les diables. Mais sa maudite curiosité et un soupçon d’insolence l’emportèrent sur la prudence :
- Je peux savoir à qui j’ai affaire ? A cause de mes … soucis de mémoire, justement.
Si l’homme fut surpris, il ne le montra pas. Il se leva et s’approcha de la jeune fille, tendit la main … un puissant rugissement arrêta son geste. Simultanément, le mur donnant sur l’extérieur explosa et Gherb surgit dans la pièce. L’énorme dragon crachait quelques flammèches et fixait l’homme au manteau de ses yeux dorés brillant d’un éclat rouge avec un air furieux. Et un dragon furieux était vraiment terrifiant. L’homme, quant à lui, laissa retomber sa main et se tourna vers le reptile. Il avait l’air calme, mais Ava, ne voyant pas son visage, ne pouvait en être certaine. Ce face à face dura quelques secondes, puis l’homme disparu tout bonnement. Envolé.
Le dragon expira lentement pour éviter de carboniser la jeune humaine, la tête tournée vers le mur détruit. Ava, elle, se dit que pour la deuxième fois en quelles heures, elle avait échappé à la mort. D’abord l’explosion, et maintenant un homme dont l’identité lui était absolument inconnue. Gherb ne la laissa pas ruminer davantage ses pensées. Il la poussa d’une griffe vers le trou béant dans le mur, la fit monter sur son dos, et plongea. Il plana en descendant sur quelques mètres et atterrit dans la plaine rose. Les deux autres reptiles et l’Elfe n’étaient plus là. Ava descendit du dos de Gherb et fit quelques pas. Soudain, elle fit volte face, le fixant dans les yeux et explosa (façon de parler hein !) :
- Est-ce que quelqu’un va m’expliquer ce qui se passe, à la fin ? Je nage dans le brouillard complet. Et puis comment avez-vous su que cet homme était avec moi ? Et pourquoi est-ce que quand je pense à un truc, il se réalise ?
Le dragon, apparemment surpris qu’une petite chose d’à peine un mètre de haut se mette à lui crier dessus, ne répondit pas immédiatement. Il secoua la tête, et pour la deuxième fois de la journée dans cette même plaine d’herbe rose, se lança dans des explications :
- Je ne peux malheureusement pas t’expliquer ce qui arrive, car je n’y comprends pas grand-chose non plus. Tout ce que je sais, c’est que l’explosion n’était pas un accident. C’est toi qui étais visée.
Un coup de massue n’aurait pas assommée mieux la jeune fille. Ses jambes flanchèrent, et elle se retrouva à genoux sur le beau gazon. Qu’avait-elle pu faire pour qu’on lui en veuille au point de vouloir la tuer deux fois en quelques heures ? Elle releva les yeux vers le reptile, dont les écailles vertes luisaient sous le soleil.
- Si j’étais visée, pourquoi est-ce qu’il ne m’a pas eu ?
Celui-ci, soulagé qu’elle ait arrêté de lui hurler dessus, répondit :
- Cette plaine est un gigantesque réservoir de magie, elle a contrarié et dévié le sort de celui qui voulait te tuer, te sauvant la vie. Puis j’ai su que cet homme était avec toi car les dragons sentent la magie, à défaut de savoir la pratiquer. Il s’est matérialisé près de toi magiquement, je l’ai donc sentit et je suis venu te secourir.
Ava trouvait que son discours était celui du parfait super héros, d’autant plus qu’il n’avait pas fait grand-chose, à part détruire un mur et regarder l’homme en noir quelques secondes. Elle écouta néanmoins la suite :
- Enfin, obtenir ce que tu désires par la pensée est quelque chose d’extrêmement rare. Je pense que …
Gherb inspira, comme s’il se demandait ce qu’il devait révéler à la jeune humaine, puis se décida à continuer en captant son regard sévère :
- Je pense que tu es une enchanteresse.
Il l’observa attentivement, comme s’il s’attendait à la voir défaillir ou autre chose dans le genre. Une minute plus tard, elle était toujours là, le teint frais, quoiqu’un peu nerveuse en raison des derniers évènements. Il comprit soudain :
- Ah oui, c’est vrai que tu ne te rappelle de rien … Les enchanteurs et enchanteresses sont très peu nombreux. On en compte moins d’une demi-douzaine aujourd’hui, tous peuples confondus, mais en général ce sont des Elfes ou des Humains. Ils n’ont pas toujours été en voie d’extinction. Lors de la Grande bataille, des milliers d’êtres doués de magie se sont entretués. Mais peu à peu, cette capacité disparait. Ton don est très précieux, et tu dois l’utiliser avec sagesse. Malheureusement, je ne peux rien t’enseigner, car je n’aie pas les connaissances nécessaires pour t’aider à maîtriser ta magie. Mais cela ne te serait sans doute pas très utile, car tu sembles fabuleusement puissante, et tu utilises ton don instinctivement, lorsque tu te sens menacée par exemple.
Sur ce, il déplia ses immenses ailes et s’envola sans un mot de plus.
Suite dans le Chapitre 3 : Le pays des Elfes.
Bon okeey, le gars en noir ressemble étrangement à Magister ... Mais au moins, celui là, je sais qui c'est avant la fin de la série !!
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