mercredi 27 août 2008

Chapitre 5 : Bienvenue chez les Humains !

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Deux jours plus tard, qu’Ava avaient passés à réfléchir, enfermée dans la chambre on ne peut plus royale que la Reine lui avait attribuée, la jeune fille repensa à tout ce qui lui était arrivé en moins d’une vingtaine de jours. D’abord, son amnésie. Elle soupçonnait fortement l’homme en noir d’en être responsable. Ensuite l’explosion, où le frère de T’aden, Drevin, était mort. Puis son passage à l’hôpital, où elle avait retrouvé l’homme en noir. Elle savait une chose : ils se connaissaient, avant son amnésie. Si elle avait raison, qu’est-ce qu’elle avait pu faire pour qu’il lui retire ses souvenirs et tente de la tuer à plusieurs reprises ? Puis Gherb lui avait tout raconté. Tout, vraiment ? Elle avait appris que les dragons ne pouvaient pas mentir. Vachement pratique, quand même. Mais rien ne les empêchait de ne dire qu’une partie de la vérité. Donc, si elle avait raison, le dragon ne lui avait pas tout dit. Mais pourquoi ? Voulait-il seulement la protéger, ou souhaitait-il la piéger ? Puis elle avait quitté le Dravhensir pour l’Al’andis. La Reine était au courant de sa venue, c’est pour cette raison qu’elle a envoyé T’aden la chercher. En revanche, elle ne savait pas qu’Ava avait déjà prit conscience de son don ; peut-être la jeune fille ne savait-elle pas qu’elle était une enchanteresse avant son amnésie. Et il y avait cette histoire d’héritière. La Reine préférait confier son royaume à une inconnue qu’à son propre fils ! Comme l’avait suggéré T’aden, le prince et sa mère avaient dû s’alterquer sur un sujet de grande importance. Et puis pour quelle raison Gherb, qui avait avoué qu’il ne savait rien d’elle, tenait-il à tout prix à ce qu’elle ne devienne pas la nouvelle Reine d’Al’andis ?
Toutes ces questions tournaient dans sa tête sans trouver de réponses. Plus le temps passait, plus elle avait l’impression de ne pas être maîtresse de sa vie. Un coup frappé à la porte la tira de ses pensées. Elle alla ouvrir et se trouva nez à nez avec T’aden. Celui-ci inspira pour se donner courage :
- Je suis désolé d’être parti comme un voleur l’autre soir, je te prie de me pardonner.
Ava sourit. Pour une fois que c’était lui qui s’excusait !
- Ne t’inquiète pas, c’est déjà oublié. Tu es venu uniquement pour me dire ça ?
- Sa Majesté veut te voir.
Enfin ! Deux jours qu’elle attendait de revoir la Reine. Elle allait lui arracher tout ce quelle savait d’elle. Première priorité : retrouver ses souvenirs. Ensuite, elle pourrait mettre la pâtée à celui qui voulait l’effacer de la surface de la planète.

Arrivée devant les appartements d’Anya, la jeune fille entra, sans T’aden car elle souhaitait parler à la Reine en tête à tête. Celle-ci, toujours majestueuse, assise sur son trône qui ressemblait fortement à une souche d’arbre, un renard des neiges sur les genoux, parla la première :
- Mon Héritière ! Je suppose que tu veux retrouver tes souvenirs, n’est-ce pas ?
Mince, la Reine l’avait doublé ! Ava, adoptant son plus beau sourire, répondit :
- En effet, c’est mon veux le plus cher. Pouvez-vous me communiquer les informations que vous avez sur moi, s’il vous plait ?
Anya lui expliqua donc tout ce qu’elle savait : que, lorsqu’elle s’était découvert une héritière, elle avait employé tous les moyens pour la faire venir à N’aval, la capitale de son royaume. Mais avant, cette héritière vivait dans le royaume de Fantâg, et encore avant, sur une autre planète.
- Une autre planète ? l’interrompit la jeune fille.
- Oui, elle se nomme la Terre, elle n’abrite que des humains, tous dénués de magie. Tu y vivais avec ta mère, depuis la mort de ton père il y a 5 ans. Je n’en sais pas plus. Je pense donc raisonnablement que tu vas me quitter pour aller au royaume Humain.
- Oui Majesté, c’est ce que je compte faire. Ensuite, si ma mémoire n’est toujours pas revenue, j’irais sur Terre.
La Reine eut un rire étouffé. Cette enfant était vraiment trop prévisible :
- Je compte tout de même sur toi pour réfléchir encore un peu à ma proposition. Je ne te connais que depuis peu, mais je sais déjà que tu seras une formidable Reine des Elfes.
- Mais ceux-ci accepteront-ils une Reine en majorité humaine ?
- Ne t’en fais donc pas, pour un Elfe, seul les qualités importent, non la race. Je voudrais aussi t’éclairer sur la magie.
La jeune fille hocha la tête.
- Tu as déjà eu l’occasion d’expérimenter ton don, dit-elle. Cependant, il a des limites. Tu ne peux pas tuer quelqu’un à distance, ni l’obliger à faire quelque chose. Tu ne peux pas le localiser grâce à ton don. Et à chaque sort, tu te fatigue un peu plus. N’abuse pas de la magie, tu pourrais en mourir. Tu découvriras le reste par toi-même. Je tenais à t’en parler avant ton départ.
Ava s’inclina.
- Bien, je pars donc dans une heure. Merci pour tout, Majesté.
- Je compte te revoir dans peu de temps, mon Héritière. Bon voyage.
Ava retrouva T’aden à la porte, fou de curiosité :
- Alors ?
- Alors je pars dans une heure.
- Où allons-nous ? questionna le bel Elfe.
- J’ai dit « je pars », T’aden, je ne veux pas t’impliquer dans une histoire qui me dépasse moi-même.
- Raison de plus pour avoir un ami sous la main, contra-t-il.
A cours d’argument, elle se dirigea vers ses appartements, T’aden sur ses talons. Elle ne voulait pas l’embarquer dans son voyage. Trop dangereux ; s’il lui arrivait quelque chose, elle s’en voudrait toute sa vie. Mais c’était sans prendre en compte que c’était un Elfe. Et lorsqu’un Elfe veut quelque chose, il l’obtient toujours.
Arrivé devant la porte de la chambre de la jeune fille, il repartit à l’attaque :
- Tu ne m’as toujours pas répondu. Où allons-nous ?
Ava soupira :
- Je vais à Fantâg, sans toi.
- Ça, je ne crois pas, dit-il avec un sourire énigmatique.
Sur ce, il la laissa seule se préparer.

Une heure plus tard, Ava descendit dans le hall. Elle comptait se matérialiser directement dans le royaume Humain grâce à son pouvoir, mais tenait à dire au revoir à T’aden avant. Le hall était gigantesque, les murs fleuris, le sol constitué de centaines de cristaux brillants. Il était désert, à part un Elfe appuyé tranquillement contre le tronc d’un arbre bleu. T’aden. Elle alla le rejoindre, étrangement mal à l’aise :
- Je pars. Mais je voulais te dire au revoir avant.
L’Elfe la regardait dans les yeux et elle se sentit perdre ses moyens. Qu’il était beau, tout de même ! Soudain, lui affirma :
- Je ne vois pas pourquoi nous devrions nous dire au revoir, vu que je vais avec toi.
Ah, il n’avait toujours pas abandonné ! Elle le questionna :
- Pourquoi tiens-tu tant à venir ? Ta vie est ici.
- Mes parents sont morts il y a longtemps, je n’avais plus que mon frère. Rien ne m’attache encore à ce royaume. Et que tu le veuille ou non, je t’accompagne.
Ava capitula :
- Très bien … Tu n’es pas un enchanteur, par hasard ?
- Non, ma magie à moi réside dans les armes, du genre arcs et poignards.
La jeune fille réalisa qu’elle-même ne savait pas se battre. Ce qui aurait pu se révéler utile. Il faudrait y remédier. Elle laissa son don affluer, ses pensées se concentrer sur le royaume humain. Les deux Elfes disparurent.

La rematérialisation fût moins brutale que la première. T’aden, complètement déboussolé, un poignard à l’aspect redoutable dans chaque main, regardait les alentours avec appréhension. Ils se trouvaient désormais dans un désert. Du sable partout. Il aida Ava à se relever et constata avec joie qu’ils étaient tous deux entiers. La jeune fille se mordit la lèvre :
- Je crois que j’ai mal calculé. Il reste plus qu’à espérer qu’on n’est pas trop loin de … Mais attends … Quel est le nom de la capitale humaine, déjà ?
- Cerena. (Prononcez « Séréna ») Et même si nous ne sommes pas loin, comment saurons-nous dans quelle direction marcher ?
- Qui a parlé de marcher ? s’exclama Ava, un sourire au bout des lèvres.
La dernière fois, je n’ai pas été assez précise. Voyons si cette fois … Elle pensa : Nous voulons aller à Cerena !
Le sol se déroba à nouveau sous leurs pieds, un kaléidoscope de couleurs les entoura brièvement, puis ils réapparurent, cette fois dans une immense ville. Les rues pavées étaient exceptionnellement larges, sans doute pour permettre le passage de dragons. De hautes maisons, toutes en pierre et construites sur le même modèle, encadraient l’allée. C’était la fin de l’après-midi, et il n’y avait pratiquement personne dehors. Puis ils entendirent des pas derrière eux. Beaucoup de pas. T’aden, grâce à ses sens hyperdévellopés d’Elfe, attrapa Ava par les épaules et la traina jusqu’à une petite ruelle adjacente. Ils virent alors une garnison de soldats, en uniforme vert, marcher au pas dans la rue qu’ils venaient de quitter.
- Des soldats Fantâgues ? murmura la jeune fille.
- Oui, lui répondit son ami, la rumeur était fondée. Les Humains vont entrer en guerre contre les Dragons !
- Les Dragons ? C’est impossible ! Et pour quelle raison ?
- La plupart des peuples, et pas uniquement les Humains, sont persuadés que les Dragons les contrôlent. Les Elfes vont aussi combattre les gros reptiles, mais la Reine attendait d’avoir assuré sa succession.
- C’est pour cela qu’elle tenait tant à ce que je reprenne le royaume, comprit Ava. Mais je n’en veux pas, et encore moins en pleine guerre !
T’aden acquiesça, et l’entraina au bout de la ruelle. Elle débouchait sur une grande avenue, nettement plus peuplée, et aucun soldat en vue.
T’aden posa enfin les questions qui le tracassaient depuis un petit moment :
- Et maintenant, que fait-on ? Je pense que le plus judicieux serait d’aller voir les souverains de ce royaume, mais comment les approcher ? Les Humains et les Elfes ne sont pas en très bon termes.
- Tu oublies que j’ai vécu ici. Je ne m’en rappelle pas, mais avec un peu de chance le Roi Alân et la Reine Mariann ont entendu parler de moi. Anya m’a fait venir de Fantâg, donc j’espère raisonnablement qu’elle a prit contact avec les dirigeants de ce pays avant.
T’aden resta silencieux, priant la Déesse elfique K’andrah de les aider. Ensemble, ils cheminèrent vers le palais impérial qu’on voyait au loin, en se fondant dans la foule, dans laquelle, bien sûr, on ne voyait aucun Dragon.

Suite dans le Chapitre 6 : L’attaque

1 commentaire:

Anonyme a dit…

You write very well.