mercredi 27 août 2008

Chapitre 4 : T'aden

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- Non !
Ava s’était levée brusquement, sous les regards étonnés d’Anya et de T’aden.
- C’est impossible, reprit-elle, plus calme. Je ne suis pas une Elfe, mais une Humaine. Je ne me rappelle de rien, mais je sais que je ne veux pas d’un royaume, que d’ailleurs je ne saurais gouverner. Trouvez-vous un autre héritier … Votre Majesté, rajouta-t-elle pour éviter de se retrouver avec toutes les armées elfique sur le dos pour crime de lèse-majesté après sa tirade plus qu’impolie.
La Reine eut un petit ricanement, puis affirma :
- Tu as eu la même réaction il y a deux semaines, après que je t’ai annoncé la nouvelle pour la première fois. Je ne te force en rien, je souhaite seulement que tu réfléchisses à ma proposition. Je te rappelle seulement que l’avenir de tout les Elfes repose sur ta décision.
Ah, du chantage ! pensa la jeune humaine. Elle veut me faire culpabiliser !
Anya continua son argumentation :
- Et l’apparence que tu as revêtue en ce moment, celle d’une humaine … Et bien, elle est fausse !
Elle agita la main devant elle, et Ava sentit son corps se transformer. Ses oreilles et ses yeux la brûlaient, et ses cheveux semblaient bouger sur sa tête. La Reine fit un autre geste, et un miroir de glace apparut devant elle. La transformation n’était pas énorme, mais on voyait tout de même une nette différence. Elle s’était embellie. Ses oreilles étaient plus pointues qu’auparavant, ses sourcils avaient filé vers ses tempes, ses yeux étaient fendus comme ceux des chats et de bleu turquoise, ils avaient virés au violet, et d’étranges mèches argentées ornaient sa chevelure brune qui lui arrivait désormais à la taille.
- C’est un sort ? bredouilla-t-elle, pensant que la Reine lui donnait une fausse apparence d’Elfe pour l’embrouiller.
- Plutôt un contre-sort, mon héritière. Ta mère t’a lancé un sort extrêmement puissant destiné à tromper les gens, pour qu’on ne découvre jamais qui tu étais en réalité. L’Héritière d’un royaume ! Ceci est ta véritable apparence. Tu n’as pas totalement l’apparence d’une Elfe car le sang humain est en grande partie présent en toi. D’où seulement des mèches argentées et non la chevelure complète.
Ava regarda à nouveau la Reine dans les yeux, elle y vit la vérité. Allons bon, il ne manquait plus que ça !
Anya reprit, mais cette fois, elle s’adressait au bel Elfe :
- Bien. T’aden, ton frère Drevin est mort à cause d’un homme qui voulait éliminer mon héritière. C’est un malheureux hasard, il était simplement au mauvais endroit au mauvais moment. C’est pour que tu comprennes que je t’ai envoyé toi et non un de mes gardes personnels la chercher dans la forêt. N’en veux pas trop à Ava, je te prie.
L’Elfe regarda la jeune fille dans les yeux durant de longues secondes, et celle-ci eut à nouveau l’impression qu’on lisait dans ses pensées. Il soupira enfin :
- Je n’ai pas à lui en vouloir. Rien de tout cela n’est sa faute.
Ava, soulagée, lui sourit. Elle tripota ses mèches argentées, puis dit soudain à la Reine :
- Vous êtes une enchanteresse, Majesté ? J’ai entendu dire qu’il y en avait très peu.
- Oui, je suis bien dotée du pouvoir des pensées, assura-t-elle, et en effet, peu sont les êtres qui peuvent s’en vanter. Il n’y en a que 3 que je connaisse personnellement, et tu en fais parti.
Elle s’attendait sûrement à ce qu’Ava tombe de sa chaise …mmh de sa souche d’arbre, mais il n’en fut rien. Anya, un sourire qui lui faisait 3 fois le tour du visage, était ravie :
- Oh, tu connais ton don ? C’est parfait tout ça, parfait ! J’aurai du m’en douter, car tu es arrivée dans notre forêt sans avoir déclenché les alarmes aux frontières. Eh bien, jeunes gens, je dois vous laisser. T’aden, fais visiter la ville à notre invitée, veux-tu.
Sur ce, elle se leva avec une grâce inimitable, une brise agita ses longs cheveux et donna l’illusion qu’ils étaient dotés d’une vie propre, puis disparu littéralement.

Tout l’après-midi, T’aden fit le tour de la ville avec la jeune humaine récemment devenue Elfe. Il commençait à se détendre et même à apprécier sa compagnie. Il lui montra tout ce qu’il y avait de plus beau à voir en Al‘andis : des grottes tapissées de rubis et d’améthystes, des lacs de glace, des arbres immenses dans lesquels étaient perchés des oiseaux d’une taille toute aussi impressionnante, …
L’air était frais. Ava et T’aden étaient assis contre un arbre, sur une petite colline d’herbe rose. Ils assistaient au coucher du soleil. T’aden posa alors la question qui le démangeait depuis plusieurs heures :
- Vas-tu accepter la proposition de la Reine ?
- Qu’en penses-tu, toi ?
- On ne répond pas à une question par une autre question ! rit-il.
Il redevint sérieux tout à coup.
- Je n’en pense rien. Mais je sais une chose que la Reine ne t’a pas dite. Tu n’es pas sa seule héritière. Elle a également un fils, Eden, qui s’est volatilisé il y a peu de temps. Comme elle n’a fait aucun effort pour le retrouver, j’en déduis que soit elle l’a fait disparaître soit qu’il est parti après une dispute. Leurs avis diffèrent fréquemment, la seconde raison ne serait donc pas étonnante.
- Pourquoi m’a-t-elle caché son existence ?
- Parce qu’elle pense que tu n’accepteras jamais cette place si tu sais qu’il y a un héritier bien plus légitime que toi au trône.
- Elle a tout à fait raison. Diriger le royaume d’Al’andis est son avenir, pas le mien, et ses différents avec sa mère ne me concernent pas.
T’aden ne dit rien, la fixant seulement de ses yeux de cristal. Un petit vent se mit à souffler, rafraichissant l’air chaud et humide. Le ciel s’assombrissait, passant du mauve au violet presque noir, le soleil presque entièrement couché. La main de T’aden se posa sur celle de la jeune fille, qui sentit son cœur s’arrêter. Elle vit le bel Elfe approcher son visage du sien. Soudain, la tempête se déchaina.

Un immense dragon vert passa en volant au dessus d’eux, provoquant d’énormes remous d’air, semblable à une mini-tornade, puis se posa quelques mètres plus bas. De petits nuages de fumée sortaient de sa gueule. Ava, y voyait très bien même dans le noir depuis sa transformation en Elfe, s’approcha de lui :
- Maître Gherb ! Que se passe-t-il ?
Le regard de grand reptile passait de T’aden à elle. Il lança enfin entre ses crocs :
- De la corruption, voilà ce qui se passe ! Cet … Elfe te fait un beau sourire, tu tombes dans ses bras, et tu obéis au doigt et à l’œil de sa Reine ! Ca ne se passera pas comme ça !
Il poussa un terrible rugissement, la gueule vers le ciel désormais presque noir, mais Ava ne broncha pas d’un pouce. Au contraire, elle dit calmement au dragon :
- Il n’y a pas eu de corruption. La Reine m’a proposé de reprendre son royaume à sa mort, je dois y réfléchir, point final.
En fait, c’était déjà tout réfléchi dans sa tête ; elle comptait refuser, et dire que à la Reine Anya que le Prince Eden, qui était son fils après tout, ferait un bien meilleur souverain qu’elle. Et si elle n’appréciait pas, tant pis pour elle. Cependant, elle cachait au dragon que sa décision était prise pour deux raisons. Primo, la Reine n’apprécierait sans doute pas qu’un reptile soit au courant avant elle. Secundo, cela ne regardait personne, même pas Gherb. Le face à face entre le dragon et la jeune demi-Elfe se poursuivit plusieurs minutes, sans qu’un des deux se décide à baisser les yeux et à capituler. Soudain, la Reine se matérialisa entre eux, majestueuse comme toujours, accompagnée par … sa garde personnelle au complet !
- Maître Gherb ! Si je vous ai prévenu pour ce qui concernait mon Héritière, ce n’est pas une raison pour l’importuner ! Laissez ces jeunes gens en paix, je vous prie. La décision de devenir ou non Reine d’Al’andis ne concerne qu’elle et personne d’autre.
Le dragon, surprit de se faire ainsi rabrouer, ne réagit pas. Ava en profita :
- Majesté, je pense que le Prince Eden serait plus adéquat pour devenir votre successeur.
Anya lança un regard furibond à T’aden, qui essayait de se faire le plus petit possible.
- Très bien, c’est ton choix, mais ma proposition reste valable si tu changes d’avis.
La Reine, toujours d’une élégance sans pareille, fit un geste et elle et ses gardes disparurent.
Le grand reptile replia ses ailes dans son dos et se coucha par terre pour mettre sa tête au niveau de sa petite protégée :
- Tu sais, depuis que ce psychopathe te court après, je m’inquiète pour toi. Tu es puissante, mais être prudente, une fois dans ta vie, peut te sauver. Fais attention.
- Oui, Papa, dit-elle avec humour.
Gherb se releva, étendit ses immenses ailes et se propulsa grâce à ses pattes puissantes. En quelques secondes, il n’était déjà plus qu’un minuscule point à l’horizon. Ava prit une de ses mèches argentées entre ses doigts, geste qu’elle faisait souvent depuis qu’elle avait repris l’apparence d’une Elfe, et dit à l’attention de T’aden :
- Pardon d’avoir parlé d’Eden. Mais je crois que la Reine ne laissera jamais tomber.
Quand elle en eut trouvé le courage, elle se tourna et fit quelques pas vers lui. Il leva une main, lui caressa la joue tendrement, et lui chuchota tendrement au creux de l’oreille :
- Encore un fois, je n’ai rien à te pardonner. Les choix que tu fais ne me regardent pas.
Il déposa un baiser sur sa joue, puis se détourna et disparu dans les fourrés. La jeune fille cria son nom mais il resta sourd à ses appels. Sans qu’elle comprenne pourquoi, une unique larme, brillante comme du cristal, coula sur sa joue, à l’endroit précis où il l’avait embrassé. Tout à coup, elle se sentit désagréablement seule.

Actuellement en train de se creuser la tête pour sortir la page et demi restante du chapitre 5 (qui n'a pas encore de titre). Promis les filles, va se passer quelque chose entre T'aden et Ava.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Coucou c'est tite pomme !!!!
C'est pour te dire que j'ai pas tout lu mais que c'est super !!! bisous